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Décisions quant à l’exploitation des sols : Meilleure gestion des achats transnationaux de terrains

 

Les investissements dans l’achat d’immenses surfaces de sols fertiles se poursuivent au niveau mondial à un rythme effréné. Quels en sont les principaux impacts sur la population locale et sur l’écologie des sols, et quels instruments politiques seraient à même de diminuer voire d’éviter les conséquences principalement négatives de ce phénomène?

Contexte(projet de recherche terminé)

Jusqu’en 2018, pas moins de 1600 achats ou concessions de grandes surfaces de terrain ont été documentés à l’échelle mondiale. Ils représentent au total près de 50 millions d’hectares de terres arables, la plupart du temps sous la forme de grandes exploitations agro-industrielles, ce qui provoque la transformation de sols fertiles en monocultures de grande superficie.

But

L’objectif principal était de contribuer à une meilleure compréhension de l’origine et du développement des achats de grandes surfaces de terrain, et de montrer comment les conflits concernant le sol et les terres peuvent être évités ou dépassés. Plus de 20 études de cas provenant de pays africains, du sud-est asiatique, d’Amérique latine et d’Europe de l’Est ont été analysées. La question étudiée était la suivante: les impacts des achats de terrain sur les moyens d’existence de la population locale et sur l’écologie des sols suivent-ils un schéma constant, ou les conséquences diffèrent-elles de cas en cas?

Résultats

Les analyses montrent que les achats de terrain de grande envergure déploient leurs effets négatifs sur les moyens d’existence locaux selon un schéma récurrent: il apparaît le plus souvent que ce sont les élites locales qui profitent le plus des investissements. La grande majorité des exploitations familiales qui dépendent de ces élites continuent ainsi à être soumises à une pression économique, sociale et politique.

Concernant l’écologie des sols, il se dégage le modèle suivant : le compactage des sols augmente de 10 à 30%, tandis que la teneur en nutriments diminue jusqu’à 50%. L’emploi d’engrais de synthèse peut compenser cette perte, mais conduit souvent à une augmentation de la teneur en nutriments avec un risque de lessivage dans les eaux de surface et les eaux souterraines. Le taux de carbone du sol diminue en moyenne de 5 à 40%, celui de la matière organique de 20 à 50%.

Implications pour la recherche

Le projet a pu identifier 10 indicateurs qui sont le plus souvent liés à des conflits autour des achats de terrain de grande envergure. Ces indicateurs mettent en évidence des facteurs permettant d’éviter les conflits ou montrent des pistes pour les résoudre.

Implications pour la pratique

Dans la pratique, il s’est avéré que le meilleur moyen de prévenir les impacts négatifs des achats de terrain sur la population locale et sur l’écologie des sols consiste en un droit de veto de ladite population qui puisse être exercé efficacement contre un achat de terrain. Cela n’est toutefois utile qu’à la condition que les communautés locales disposent d’un bon niveau de formation et soient en mesure d’opposer leur propre vision de développement aux intérêts des investisseurs et des services étatiques associés.

Titre original

Archetypes of transnational land acquisitions: towards a generalization of case study knowledge for informed soil governance (ATLAS)

Directrice/directeur du projet

  • Prof. Stephan Rist, Université de Berne
  • Dr. Stefan Mann, Agroscope
  • Prof. Peter Messerli, Université de Berne

 

 

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 Contact

Prof. Stephan Rist Zentrum für Entwicklung und Zusammenarbeit CDE
Universität Bern
Hallerstrasse 10 3012 Bern +41 31 631 88 22 stephan.rist@cde.unibe.ch

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